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La formation d'un système cyclonique dans le bassin Pacifique Sud

De nombreux éléments entrent en comptent dans la formation d'un système cyclonique, s'ils sont nécessaires ils ne suffisent pas toujours



Tout d'abord les conditions suivantes lorsqu'elles coexistent mènent très souvent à une cyclogénèse
  • une dépression initiale
    en effet un système cyclonique n'a pas de naissance spontannée
    le mouvement tourbillonnaire peut ensuite être favorisé par le renforcement des vents sur une ou plusieurs faces du système dépressionnaire
    d'où la nécessité de tenir compter des différents bulletins de formation


  • des vents régionaux :
    • dans la zone méridionale (c'est à dire située au Sud) de la perturbation ils doivent souffler de l'Est
      ce sont les vents d'alizé qui soufflent en général sur de vastes régions de la zone méridienne intertropicale en partant des grands centes d'actions anticycloniques
      des régions subtropicales pour se diriger vers la ZCIT (Zone de Convergence Intertropicale)
      De ce fait la circulation générale des vents à basse altitude est gouvernée principalement par des vents d'est dans notre région
      (inverse vents d'ouest dans les régions tempérées)

    • dans la partie septentrionale (c'est à dire du Nord) de la perturbation, plus proche de l'équateur, les vents doivent souffler de l'Ouest,
      cette fois c'est l'anticyclone qui importe : plus il est fort plus il augmente le courant qui traverse l'Equateur et souffle ensuite de l'Ouest et du Nord-Ouest


  • des vents particuliers au sein du système : cisaillement & divergence des vents
    • au niveau même de la perturbation la circulation des vents doit se faire dans le sens des aiguilles d'une montre et être homogène dans la toute la troposphère :
      les vents doivent donc tourner dans la même direction et a la même vitesse depuis la surface de l'océan jusqu'à 12 km d'altitude
      c'est ainsi et seulement que l'ascension de l'air chaud peut se produire pleinement sans être cisaillée au cours de sa montée par des vents différents
      la pression atmosphérique va alors commencer à diminuer au niveau de la mer grâce à l'accumulation d'air chaud et d'humidité

    • en altitude par contre, au desus du tourbillon naissant, à 12km d'altitude (pression 200mb) la divergence doit être importante afin de permettre l'évacuation de l'air
      et ce dans le sens inverse de ce qui se passe en basse altitude


  • la température de surface de la mer > à 26,5° sur une profondeur de 50 m afin de permettre une évaporation intense
    cette réserve d'eau chaude consitute en fait le carburant du cyclone

  • la pression atmosphérique suffisamment basse au niveau de la zone de cyclogénèse
    les pressions déja basses favorisent grandement l'ascension de l'air chaud et la convection

  • une distance minimale de 500 km de l'équateur (soit 5° de latitude) pour que la force de Coriolis, liée à la rotation de la Terre, puisse provoquer
    le mouvement tourbillonaire et dévier la perturbation vers sa droite dans l'hémisphère nord et vers sa gauche dans l'hémisphère Sud

Ces différentes conditions expliquent pourquoi les cyclones se forment essentiellement sur les régions océaniques tropicales situées
entre les 5° et 20° parallèles Nord et Sud

Cette zone privilégiée de cyclogénèse est la ZCIT : Zone de Convergence Intertropicale
Cependant pour
la zone du Pacifique Sud une particularité :
la Zone de Convergence du Pacifique Sud : la ZCPS,
zone de formation des systèmes cycloniques pour une partie du Pacifique Sud
débutant de l'extrémité est de la Papouasie Nouvelle-Guinée jusqu'à à l'archipel des Australes et au sud de l'archipel des îles Gambier en Polynésie française

Cependant d'autres facteurs entrent aussi en compte

Ainsi l'étude des couches atmosphériques au niveau de toute la Terre est primordiale, de même que les interactions atmosphère-océan
Ainsi les grandes oscillations atmosphériques et océaniques semblent prendre de plus en plus d'importance dans l'explication des cyclogénèses tels que :
l'ENSO , le QBO et les oscillations de Maden Jullian

  • l'ENSO (El Nino South Oscillation) :
    Ll'interaction de l'atmosphère et de l'océan est une part essentielle des évenements El Nino/ La Nina
    Durant un évènement El Nino la pression au niveau de la mer tend à être moindre dans le Pacfique Est et haute dans le Pacifique Ouest (c'est l'opposé pour la Nina)
    Ce constat est appelé Southern Oscillation (SO). La mesure standard du SO est la différence de pression au niveau de la mer entre Tahiti et Darwin (Australie)
    Depuis que les phénomènes El Nino et la Southern Oscillation sont réliés, les 2 termes ont été combinés en une seule abréviation ENSO (El Nino Southern Oscillation)
    Le terme ENSO phase chaude est utilisé pour décrire le phénomène El Nino et le terme ENSO phase froide pour décrire le phénomène El Nina
    Suivant l' ENSO l'activité cyclonique sera différente c'est à dire en dessous ou dessus de la normale

    -
    Pendant les périodes La Niña (70/71, 71/72, 73/74, 75/76, 88/89, 96/97)
    Il y a une concentration très forte dans la zone la plus à l'ouest du Pacifique Sud entre le méridien 170°Est et l'Australie
    Le centre de gravité étant vers le méridien 163°Est. Par contre à l'est du méridien 180°Est l'activité est pratiquement nulle


    - Pendant les périodes El Niño (68/69, 72/73, 77/78, 82/83, 86/87, 91/92, 92/93, 94/95)
    La densité est moins forte et le domaine géographique concerné plus grand
    En effet, la zone la plus activite s'étend alors du méridien 150°Est au méridien 160°Ouest avec un déplacement du centre de gravité de plus de 10° vers l'est (175°Est)
    Mais surtout la Polynésie Française se trouve alors menacée même si c'est dans de moindres proportions que la Nouvelle-Calédonie

    Sur le Territoire de la Nouvelle Calédonie, il apparaît clairement que le risque est moins important pendant les périodes El Niño que pendant les périodes La Niña :

    - Il reste cependant non négligeable même si certaines saisons El Niño ont été particulièrement clémentes
    Pour s'en convaincre il suffit d'évoquer les noms de Colleen (février 69), Patsy (décembre 86), Esau et Fran (mars 92)

    - Les principaux cyclones observés dans la zone Nouvelle-Calédonie en périodes La Niña sont : Delilah, Harry et Lili (janvier, février et avril 89), Beti (mars 96)
    Notons que 1988/1989 a été la saison de tous les dangers avec un mort et des dégâts très importants

    En effet, dans la zone Nouvelle- Calédonie, le nombre moyen de phénomènes tropicaux est de 6,7 lors des phases La Niña alors qu'il n'est que de 4,8
    lors des phases El Niño
    et de 5,2 pour les 29 saisons cycloniques

    Par contre sur l'ensemble du Pacifique Sud-Ouest ce nombre ne varie pas ou peu, montrant que l'activité cyclonique reste pratiquement constante
    alors que le domaine géographique devient plus vaste en se décalant vers l'est

    En effet, le pourcentage des trajectoires observées à l'est du méridien 180° passe de 11% en période La Niña à 43% en période El Niño (28% pour les 29 saisons cycloniques)

    Malgré un échantillon de petite taille qui peut être une source de discussion des résultats obtenus, les grandes tendances observées sont logiques et vérifiées :
    1° - l
    e phénomène El Niño entraîne un déplacement de l'activité cyclonique vers l'est, ce qui augmente la surface de la zone soumise à ces phénomènes
    2° - le nombre moyen de phénomènes tropicaux n'est pas ou peu affecté
    par les phases El Niño ou La Niña sur l'ensemble du Pacifique Sud-Ouest
    Par contre, pour la zone Nouvelle-Calédonie, ce nombre augmente sensiblement pour les phases La Niña mais reste proche (légèrement plus faible) de la moyenne
    pour les phases El Niño
    3° - En conclusion, le risque cyclonique augmente sur le territoire de la Nouvelle Calédonie en phase La Niña et devient légèrement plus faible
    que la normale en phase El Niño
    . Inversement en Polynésie Française le risque cyclonique n'est réel que pendant les phases El Niño

  • les oscillations de Madden Julian (M.J.O) :
    L'oscillation intra saisonnière de Madden-Julian
    est un phénomène tropical sous la forme d'une onde qui se propage d'ouest en est depuis l'Afrique jusqu'au Pacifique
    Cette onde module fortement l'activité nuageuse et convective dans la zone proche-équatoriale à des échelles de temps comprises entre 20 et 60 jours
    Cette oscillation comprend 2 phases :
    - une phase active humide qui favorise le développement nuageux
    - une phase inactive qui assèche l'atmosphère et empêche tout développementnuageux important
    Ces phases peuvent être plus ou moins prononcées, donc l'activité nuageuse est alors plus ou moins perturbée, ce qui permettra oui ou non le développement d'une dépression puis d'un cyclone

  • le Q.B.O : l'Oscillation Quasi Biennale :
    Le QBO est un phénomène qui se produit au dessus de l'Equateur où les vents stratosphériques font le tour du globe soit en direction de l'est
    soit en direction de l'ouest
    Tous les 12 à 16 mois la direction s'inverse, suivant la direction des vents stratosphériques on a :
    - phase positive = vents d'ouest (QBO phase d'ouest) : augmentation de l'activité cyclonique
    - phase négative = vents d'est (QBO phase d'est) : diminution de l'activité cyclonique
    La fréquence d'apparition des cyclones tropicaux se renforce lorsque les vents de l'OQB sont d'ouest