Encyclopédie cyclonique : quiZZ
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Le Quizz cyclonique

Vous retrouvez sur le site de la NOAA les questions fréquemment posées (F.A.Q en anglais) sur les ouragans, typhons et cyclones tropicaux
(Version 4.5 - Juin 2012)
par Christopher W. Landsea - traduction en plusieurs langues dont le français
Retrouve sur le site CycloneXtrème également un jeux question-réponses sur les cyclones, ouragans ou typhons



Qu'est ce qu'un ouragan type "îles du Cap Vert ?

Ce sont des ouragans qui se développent sur le bassin Atlantique à proximité des îles du Cap Vert (- de 1000 km)
et qui deviennent des ouragans avant d'atteindre les Caraibes
Leur nombre varie de 0 à 5 par an avec une moyenne de 2 et il se forme en aôut & en septembre et en de quelques rares occasions (comme en 1995) fin juillet ou début octobre



Qu'est ce qu'un super tpyhon, un ouragan intense ou un ouragan majeur ?

Le terme "super typhon" est utilisé par le JTWC (Joint Typhon Warning center) pour des typhons dont les vents moyens de surface sur 1 minute
dépassent les 240 km/h
(= 130 knots)
Sur l'échelle de Saffir-Simpson, cela correspond à un ouragan de catégorie 4 ou 5 dans le bassin Atlantique
ou à un fort cyclone tropical de catégorie 5 dans le bassin Océan Indien Sud-Est (Australie)

Le terme "ouragan majeur" est utilisé par le NHC (National Hurricane Center) pour des ouragans dont les vents moyens maximum de surface sur 1 minute
atteignent ou dépassent 50m/s (96 kt, 185 km/h)

Cela correspond aux catégories 3, 4 et 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson

Le terme "ouragan intense" n'est pas officiel, mais il est souvent utilisé dans la littérature scientifique
Il correspond aux mêmes caractéristiques qu'un "ouragan majeur"



Qu'est ce que les ondes d'est ?

Des perturbations de basses couches de la troposphère (de la surface de la mer jusqu'à 15 km d'altitude) qui sont connues sous le nom de "Ondes d'est africaines"
dont leur origine est le nord du continent africain et qui se déplacent vers l'ouest et servent souvent d'amorce de circulation cyclonique
pour un grand nombre de dépressions tropicales sur l'Atlantique Nord

Ces ondes commencent à apparaitre en avril/mai et finissent vers octobre/novembre et ont une durée de vie de 3/4 jours
Il y a à peu près 60 ondes chaque année, mais il n'y a aucune relation entre le nombre d'onde par an et l'activité cyclonique globale du bassin Atlantique Nord
Pour l'instant on ne connait pas la raison pour laquelle les ondes changent d'année en année en intensité et en localisation
et comment cela peut-il être relié à l'activité cyclonique



Qu'est ce qu'un cyclone subtropical ?

Un cyclone subtropical est un système dépressionnaire qu'on rencontre aux latitudes tropicales ou subtropicales
(c'est à dire entre l'équateur et les 50°N et S à peu près)
et qui présente à la fois les caractéristiques d'un cyclone tropical et celles d'un cyclone des latitudes moyennes (ou extra-tropical)


Ainsi, on trouve nombre de ces cyclones dans des régions où le gradient de température horizontal est faible à modéré (comme les cyclones des latitudes modérées),
mais ils reçoivent l'essentiel de leur énergie des nuages convectifs (comme les cyclones tropicaux)
Le diamètre des vents maximums de ces tempêtes est souvent plus large (de l'ordre de 100 à 200 km) que ce qui est observé dans les systèmes tropicaux « purs »
De plus, on n'a jamais observé des vents moyens maximaux supérieurs à 33 m/s (64kt, 120 km/h) dans les cyclones subtropicaux
Ces cyclones subtropicaux se transforment souvent en vrais cyclones tropicaux
L'ouragan FLORENCE dans le bassin Atlantique en novembre 1994 en est un exemple récent : il a d'abord été cyclone subtropical avant de devenir pleinement tropical
Notons qu'il y a eu au moins un cas de cyclone tropical devenu cyclone subtropical (bassin Atlantique, tempête 8, 1973)
Les cyclones subtropicaux du bassin Atlantique sont classés selon leurs vents moyens maximaux :
- dépression subtropicale : moins de 18 m/s (34 kt, 65 km/h)
- tempête subtropicale : 18 m/s (34 kt, 65 km/h) ou plus
Avant 2002, les tempêtes subtropicales n'étaient pas nommées, mais depuis le TPC (Tropical Prediction Center) émet des prévisions et avis pour celles-ci
Depuis 2003 elles sont nommées à partir de la liste prévue pour les cyclones tropicaux
Pour plus d'information, consulter le compte-rendu de l'Université d'Etat de Penn sur les cyclones subtropicaux


Qu'est ce qu'un cyclone extra tropical ?

Un cyclone extra-tropical puise principalement son énergie dans le gradient horizontal de température qui existe dans l'atmosphère

Les cyclones extra-tropicaux (également connus sous le nom de tempêtes des moyennes latitudes ou tempêtes baroclines) sont
des systèmes dépressionnaires auxquels s'associent des fronts froids, chauds et occlus

Dans le cas des cyclones tropicaux, au contraire, il n'y a généralement peu ou pas de gradient horizontal de température en surface
et les vents proviennent de la libération d'énergie due à la formation de nuages et/ou de pluie à partir de l'air chaud et humide des tropiques



Dans le cas des cyclones tropicaux, les vents les plus forts se trouvent près du sol,
alors que les vents les plus forts des cyclones extra-tropicaux sont près de la tropopause, soit à environ 12 km d'altitude

Structurellement, dans les cyclones tropicaux, les vents les plus forts se situent près du sol (conséquence d'être un "warm-core" dans la troposphère),
alors que dans les cyclones extra-tropicaux, les vents les plus forts sont près de la tropopause
(conséquence d'être "warm-core" dans la stratosphère et "cold-core" dans la troposphère)
"Warm-core" (littéralement « cour chaud ») signifie que le coeur de la dépression est relativement plus chaud que son environnement pour une même surface de pression
(une "surface de pression " étant une autre manière de mesurer la hauteur ou l'altitude)
Le plus souvent, un cyclone tropical se transforme en cyclone extra-tropical lorsqu'il incurve sa trajectoire vers les pôles et vers l'est
Parfois, un cyclone extra-tropical perd ses caractéristiques frontales, présente de la convection près du centre de la tempête et se transforme en cyclone tropical véritable
Un tel processus est tout à fait habituel dans les bassins Atlantique Nord et Pacifique Nord-Ouest
La transformation d'un cyclone tropical en cyclone extra-tropical (et vice-versa) est actuellement l'un des plus grands défis en prévision


Qu'est ce qu'une marée de tempête et en quoi est ce différent d'une onde de marée ?

Une onde de tempête (Storm surge) : est une élévation anormale de la mer générée par un système cyclonique au dessus de la marée astronomique prévu

Une marée de tempête ( Storm tide) : une élévation du niveau de la mer du à la combinaison de l'onde de tempête et la marée astronomique

Sea Level : niveau de la mer, normal high tide : marée astronomique normale,
storm sturge : onde de tempête, storm tide : marée de tempête
Ainsi : marée de tempête = marée astronomique + onde de tempête


Qu'est ce qu'un CDO ?

C'est la couverture nuageuse centrale dense
: c'est le bouclier de cirrus qui résulte de la présence de nuages orageux dans le mur de l'oeil d'un cyclone
Avant que la dépression n'atteigne le stade de cyclone, le CDO est représenté par une couverture uniforme de nuages froids et denses sans oeil apparant
La présence d'un CDO presque circulaire et bien uniforme indique la présence d'un environnement favorable de faible cissaillement vertical du vent




Qu'est ce qu'un TUTT ?

C'est un Tropical Upper Tropospheric Trough soit un Thalweg Tropical en Haute Troposphère (200mb)
Ces dépressions de TUTT sont plus connues dans l'hémisphère ouest sous l'appellation "dépression froide d'altitude"
Les TUTT sont importants pour la prévision systèmes cycloniques car ils peuvent amener de forts cissaillements verticaux du vent nuisibles au bon développement
d'un système tropical
Cependant il est admis que la présence d'un TUTT à proximité d'une perturbation tropicale peut dans certains cas être favorable au processus de formation des cyclones
et à leur intensification dans la mesure où il force l'ascendance près du centre de la dépression et il accelère le flux sortant en haute troposphère



Qu'est ce qu'un MOAT ?

Le terme moat correspond à la région située entre le mur de l'oeil et les bandes nuageuses
, comme un second mur de bandes nuageuses
Le "moat" est une région relativement légère en pluie situé entre le mur de l'oeil et les bandes nuageuses (ici en bleu)



Qu'est ce que le SAL ?

Le Saharan Air Layer (SAL) est une masse d'air sec qui se forme au dessus du Sahara durant la fin du printemps et qui se déplace sur l'Océan Atlantique tropical
Le SAL s'étend généralement jusqu'à 1500-6000m dans l'atmosphère et est associé à de l'air sec et de forts vent
Le SAL a montré son influence négative sur l'intensification des ouragans
Son air sec peut affaiblir l'ouragan en inhibant l'évaporation pendant que ces forts vents peuvent accroitre le cissaillement vertical du vent dans et aux alentours du sytème



Les « gros » cyclones ne sont-ils pas aussi les plus intenses ?

Non

Il n'y a qu'une très petite corrélation entre l'intensité
(mesurée par la force des vents moyens ou la pression au centre) et
la dimension
(mesurée par le rayon des vents de 15 m/s [coups de vent, 30 kt] ou le rayon de la dernière isobare fermée)
L'ouragan ANDREW, qui est un bon exemple d' ouragan très intense (922 hPa de pression au centre et 64 m/s [125 kt] de vents moyens quand il a touché la Floride),
était aussi de taille relativement petite (les vents de plus de 15 m/s n'étaient observés que dans un rayon de 150 km autour du centre)
Weatherford et Gray (1988) ont aussi montré que les changements d'intensité et de dimension sont indépendants l'un de l'autre



Est-ce qu'il y a déjà eu des essais ou des expériences pour réduire la force d'un ouragan ?

Le gouvernement des Etats-Unis a autrefois soutenu un projet de recherche sur les méthodes pour modifier les ouragans, appelée Projet STORMFURY
Pendant quelques décennies, la NOAA et ses prédécesseurs ont tenté d'affaiblir des ouragans en lâchant de l'iodure d'argent, une substance qui sert de véritable noyau
de congélation, dans les bandes pluvieuses des tempêtes
Pendant les années qu'a duré STORMFURY, les scientifiques ont ensemencé les nuages des ouragans ESTHER (1961), BEULAH (1963), DEBBIE (1969) et GINGER (1971)
Les expériences se sont déroulées en plein Atlantique, loin des terres
L'ensemencement de STORMFURY ciblait les nuages convectifs situés juste à l'extérieur du mur de l'oeil de l'ouragan afin d'essayer de former un nouvel anneau de nuages qui,
on l'espérait, allait entreren compétition avec la circulation naturelle de la tempête et affaiblir cette dernière
L'idée était que l'iodure d'argent allait augmenter les orages d'une bande pluvieuse en provoquant la congélation d'une eau surfondue, et ainsi libérer la chaleur latente de fusion et aider la bande pluvieuse à se développer aux dépens du mur de l'oeil
Avec une convergence affaiblie vers le mur de l'oeil, les vents forts du centre s'affaibliraient également un peu
Pour que l'ensemencement des nuages soit efficace, les nuages doivent contenir suffisamment d'eau surfondue
(de l'eau qui est restée liquide à une température inférieure au point de congélation, soit 0°C)
Idée intéressante, mais qui, en fin de compte, présentait un grave défaut
Les observations effectuées dans les années 1980 ont montré que la plupart des ouragans ne contiennent pas suffisamment d'eau surfondue pour que l'ensemencement STORMFURY fonctionne : la force ascensionnelle est relativement faible dans la convection des ouragans et les courants ascendants proportionnellement limités par rapport à ce qu'on peut observer dans les super-cellules ou les multicellules continentales des moyennes latitudes
De plus, il a été découvert que les ouragans qui n'avaient pas été ensemencés formaient des mur de l'oeil extérieurs de façon naturelle, exactement comme l'auraient fait ceux qui ont été ensemencés, selon les scientifiques de STORMFURY
Ce phénomène rend quasiment impossible la différentiation entre les (éventuels) effets de l'ensemencement et les changements naturels
Les réductions de l'intensité constatées lors du peu d'ensemencements réalisés étaient sans nul doute dues à ce qu'on appelle aujourd'hui les « cycles de murs de l'oil concentriques »
Ainsi, la nature accomplit ce que la NOAA avait espéré réaliser artificiellement. Pas étonnant qu'on ait considéré les premières et rares expériences comme des succès
Les résultats des expériences d'ensemencement ayant été aussi peu probants, STORMFURY a été abandonné
Un comité spécial de la National Académie os Sciences (académie nationale des sciences) a conclu qu'une meilleure compréhension des phénomènes physiques se produisant au sein des ouragans étaitnécessaire avant de poursuivre toute expérience de modification
A l'heure actuelle, l'objectif principal de la Hurricane Research Division (division de recherche sur les ouragans) de la NOAA est de mieux comprendre la physique des ouragans et
d'en améliorer la prévision



Pourquoi n'essaye-t-on pas de détruire les cyclones tropicaux ?

De nombreuses techniques ont été prises en considération au cours des année pour modifier les ouragans :
ensemencer les nuages avec de la glace sèche ou de l'iodure d'argent, refroidir l'océan avec des matériaux cryogéniques ou des icebergs,
modifier l'équilibre radiatif à proximité de l'ouragan en absorbant le rayonnement solaire avec du noir de charbon,
faire exploser les ouragans avec des bombes à hydrogène, éloigner la tempête des terres avec des ventilateurs géants

Aussi bien pensées qu'aient été certaines de ces propositions, elles partagent toutes le même défaut :
elles ne prennent pas en compte la taille et la puissance des cyclones tropicaux

Par exemple, quand l'ouragan ANDREW a frappé le sud de la Floride en 1992, l'oeil et le mur de l'oeil ont détruit un andain large de 32 km
L'énergie calorifique libérée autour de l'oeil correspondait à 5 000 fois la production électrique et calorifique de la centrale nucléaire de Turkey Point
au-dessus de laquelle l'oeil est passé
L'énergie cinétique du vent était en permanence équivalente à celle libérée par une ogive nucléaire
Peut-être que, si un jour les hommes et les femmes sont capables de se déplacer vers les étoiles à la vitesse de la lumière, on aura alors suffisamment d'énergie pour intervenir
dans la dynamique des ouragans par la force
Les êtres humains ont l'habitude d'avoir affaire à des systèmes biologiques chimiquement complexes ou à des systèmes mécaniques artificiels qui renferment
une petite quantité d'énergie de haute qualité
Les ouragans possédant une structure chimique simple, air et vapeur d'eau, l'utilisation de catalyseurs est peu prometteuse
L'énergie de la dynamique atmosphérique est avant tout une énergie calorifique de basse qualité, mais en quantité énorme à l'échelle humaine
Attaquer les ondes ou les dépressions tropicales faibles avant qu'elles n'aient une chance de se transformer en ouragan n'est pas plus prometteur
Il s'en forme à peu près 80 par an dans le bassin Atlantique, mais seulement 5 en moyenne deviennent ouragans
Il n'y a aucun moyen de savoir par avance lesquelles se développeront
Si l'énergie libérée dans une perturbation tropicale n'était que de 10% de celle d'un ouragan, ça reste beaucoup d'énergie, et la police des ouragans devrait baisser l'intensité
de toutes les lumières du monde plusieurs fois dans l'année
Peut-être qu'un jour, quelqu'un trouvera une solution pour affaiblir artificiellement les ouragans. Cette idée fait rêver. Ne serait-ce pas merveilleux ?
Peut-être que la meilleure solution serait de ne pas essayer de changer la structure ou de détruire les cyclones tropicaux,
mais d'apprendre à coexister au mieux avec eux

Depuis que nous savons que les régions côtières sont vulnérables aux tempêtes, nous devons appliquer des normes de construction pour avoir des maisons
qui résistent mieux aux cyclones
Les gens qui choisissent d'habiter dans ces zones doivent s'attendre à payer une assurance cyclonique onéreuse, pas exorbitante, mais qui reflète le risque de vivre
dans une région vulnérable
De plus, il faut continuer à éduquer la population pour que les gens aient une bonne capacité de réaction
On peut également sauver énormément de vies en aidant les pays les plus pauvres dans leurs efforts pour se défendre
Enfin, nous devons poursuivre nos efforts pour mieux comprendre et observer les ouragans de façon à prévoir leur développement,
leur intensification et leur trajectoire de façon plus précise


Durant un ouragan devons-nous laisser fermées les portes et fenêtres situés du côté de la tempête et ouverts les portes et fenêtres du côté opposé ?

Non
Toutes les portes et fenêtres doivent être fermées durant le passage d'un système cyclonique
La différence de pression entre une habitation et un système cyclonique n'est pas assez conséquente pour causer une implosion de la maison
(car en fait aucune maison n'est totalement étanche)
En fait il faut laisser fermer toutes les fenêtres ou portes afin d'empêcher tous les objets "volants" d'entrer et de causer de sérieux dégats à l'intérieur de la maison
Ainsi la protection de toutes les ouvertures par des panneaux en bois ou autres est indispensable



Pourquoi les vents dans un cyclone tournent-ils dans le sens des aiguilles d'une montre sans l'hémisphère Sud et dans le sens inverse dans l'hémisphère Nord ?

La rotation de la Terre induit une force (appelé force de Coriolis) qui dévie les vents vers la droite dans l'hémisphère nord (et gauche dans l'hémisphère Sud)
Donc quand une zone de basse pression commence à se former au nord de l'équateur les vents en surface convergent vers le centre de cette zone pour essayer de la combler,
ils sont déviés vers la droite et la rotation dans le sens inverse des aiguilles d'une montre est initialisée
Le contraire se produit au sud de l'équateur

Pourquoi les vents les plus forts sont-ils généralement sur la partie droite du cyclone dans l'Hémisphère Nord (c'est l'inverse dans l'hémisphère Sud)

En 1er lieu le côté droit de la tempête est défini par le mouvement de la tempête

Si l'ouragan se déplace vers l'ouest le coté droit est au nord de la perturbation,
si l'ouragan va vers le nord le coté droit est à l'est de la tempête

En général les vents les plus forts d'un cyclone sont situés sur le côté droit
parce que le déplacement du phénomène contribue à la circulation cyclonique

Un ouragan dont les vents seraient de 145 km/h lorsqu'il est stationnaire verrait ceux-ci monter jusqu'à 160 km/h sur sa partie droite et seulement 130 km/h sur sa partie gauche
s'il commençait à se déplacer à 16 km/h (quelle que soit la direction)



Quels ouragans ou tempêtes tropicales sont passés du bassin Atlantique au Pacifique Nord-Est et vice versa ?

Le phénomène doit avoir atteint le stade de tempête tropicale dans les 2 bassins (vents soutenus d'au moins 64,8 km/h)

Les données ne remontent qu'à 1949 seulement
Avant la mise en place des satellites géo stationnaires dans le milieu des années 60, le nombre de phénomènes du Pacifique Nord-Est était minimisé dans un rapport de 1/2 ou 1/3
On n'a pas relevé de cas où un cyclone serait passé de l'Atlantique au Pacifique Nord-Est puis revenu sur l'Atlantique

Autrefois, si une tempête tropicale ou un ouragan partait dans un autre bassin, on avait pour règle de le renommer d'après la liste de ce dernier
Cela s'est produit pour la dernière fois en juillet 1996 lorsque la tempête tropicale CESAR formée dans le bassin Atlantique a traversé l'Amérique Centrale et a été renommée DOUGLAS
dans le bassin Pacifique Nord-Est
La dernière fois qu'un système du Pacifique Nord-Est a rejoint le bassin Atlantique, en juin 1989, COSME est devenu ALLISON
Toutefois, ces règles ont désormais changé au National Hurricane Center (centre national des ouragans) : si le système reste ouragan en traversant l'Amérique Centrale,
il garde son nom d'origine
Si le système tropical se désagrège pour devenir simple perturbation tropicale, on lui attribue un nouveau nom au cas où il redeviendrait cyclone tropical dans le nouveau bassin

Date
Départ
Arrivée
mai 2008
tempête tropicale Alma Pacifique NE
tempête tropicale Arthur Atlantique
juillet 1996
ouragan César Atlantique
ouragan Douglas Pacifique NE
aout 1993
tempête tropicale Bret Atlantique
ouragan Greg Pacifique NE
juin 1989
ouragan Cosme Pacifique NE
tempête tropicale Allison
ocotobre 1988
ouragan Joan Atlantique
ouragan Miriam pacifique NE
septembre 1978
ouragan Greta Atlantique
ouragan Olivia Pacifique NE
septembre 1974
ouragan Fifi Atlantique
tempête tropicale Orlene Pacifique NE
septembre 1971
ouragan Irene Atlantique
tempête tropicale Olivia Pacifique NE
novembre 1961
ouragan Hattie Atlantique
tempête tropicale Simone Pacifique NE
octobre 1949
tempête tropicale Pacifique NE
ouragan sur l'Atlantique


Est- ce que l'arrivée d'un système tropical sur terre provoque sa mort ?

Lorsqu'il arrive sur la terre il y a une augmentation des forces de frottement ce qui contribue à la diminution des vents moyens mais augmente l'intensité des rafales
Les vents moyens sont réduits à cause de l'effet de freinage produit par la plus grande rugosité de la terre alors que l'océan est relativement lisse
Les rafales sont plus forte et donne des vents plus rapides à la surface pendant un court laps de temps (quelque seconde)
Cependant quelques heures après qu'un cyclone ait abordé la terre il commence à s'affaiblir rapidement non pas à cause du frottement
mais parce que l'océan ne lui fournit plus humidité et chaleur

Quelle est la corrélation entre la force des vents et les dommages obsevés lors du passage d'un cyclone ?

A vrai dire est-ce qu'un cyclone avec des vents à 120 km/h cause la moitié de dégats qu'un cyclone avec des vents à 240 km/h
Non , au contraire les dégats n'augmentent pas linéairement avec la vitesse du vent mais exponentiellement
Ainsi un cyclone avec des vents à 240 km/h aura des effets 4 fois plus importants qu'un cyclone avec des vents à 120 km/h

Dans quelle mesure le réchauffement global peut-il influencer l’intensité et la fréquence des ouragans ainsi que les précipitations associées ?

En novembre 2006, toute la communauté des chercheurs et des prévisionnistes spécialisés en cyclones tropicaux s’est réunie lors du 6ème Groupe de travail International
sur les Cyclones Tropicaux de l’Organisation Météorologique Mondiale à San José au Costa Rica
Ils ont rendu des conclusions sur la corrélation entre les changements climatiques anthropiques (induits par l’activité humaine) et
les cyclones tropicaux, ouragans et typhons compris

Voici un résumé de leur rapport :
- Un certain nombre de cyclones tropicaux à fort impact se sont produits récemment dans le monde entier :
dont 10 cyclones tropicaux ayant touché le Japon en 2004, 5 cyclones tropicaux ayant affecté les îles Cook en 5 semaines en 2005, le cyclone GAFILO à Madagascar en 2004,
le Cyclone LARRY en Australie en 2006, le typhon SAOMAI en Chine en 2006 et les saisons cycloniques extrêmement actives en Atlantique en 2004 et 2005 comprenant
les impacts catastrophiques de l’ouragan Katrina sur le plan socio-économique
- Certains articles scientifiques récents font état d’une importante augmentation de l’énergie, du nombre et de la force des vents des cyclones tropicaux dans certaines régions
ces dernières décades associée à une augmentation de la température de l’eau de mer
D’autres études arguent que les modifications des techniques d’observation et des instruments sont responsables de ces augmentations

Conclusions consensuelles des participants au 6ème Groupe de travail International sur les Cyclones Tropicaux (IWTC-VI) :
- Bien qu’il y ait aujourd’hui des preuves à la fois pour et contre l’existence d’un signal anthropique décelable dans les données climatologiques des cyclones tropicaux,
on ne peut tirer aucune conclusion définitive à ce jour
- Aucun cyclone tropical ne peut être individuellement attribué au changement climatique
- L’augmentation récente des impacts sociétaux des cyclones tropicaux est en grande partie due aux concentrations grandissantes de population et d’infrastructures
dans les régions côtières
- Le suivi des forces de vent des cyclones tropicaux a complètement changé ces dernières décades, et rend difficile la détermination de tendances précises
- On observe une variabilité multi-décadaire des cyclones tropicaux dans certaines régions dont les causes (qu’elles soient naturelles, anthropiques ou une combinaison des deux),
sont actuellement discutées
- Cette variabilité rend difficile la détermination des tendances de l’activité cyclonique à long terme
- Il est probable qu’une augmentation du maximum de la force des vents et des précipitations se produise si le climat continue à se réchauffer
- Des études théoriques et à partir de modélisations prévoient une augmentation de 3 à 5% de la vitesse des vents par degré Celsius d’augmentation de la température
de surface de la mer
- Il y a une incohérence entre les faibles changements de la vitesse du vent prévus théoriquement et par modélisation, et les grands changements rapportés par
certaines études basées sur l’observation
- Bien que de récentes simulations des modèles climatiques montrent que le nombre global de cyclones tropicaux pourrait diminuer ou ne pas changer avec un climat plus chaud,
on n’accorde que peu de confiance dans cette prévision
- En outre, on ne sait pas comment vont évoluer les trajectoires ou les zones d’impact des cyclones tropicaux dans le futur
- Il existe de grandes variations régionales entre les méthodes utilisées pour suivre les cyclones tropicaux
- De plus, la plupart des régions ne disposent pas de mesures enregistrées par des avions instrumentés
- La détermination de tendance est rendue difficile par ces limitations non négligeables
- Si l’augmentation du niveau de la mer liée au réchauffement global se produit comme prévu, il est probable que la vulnérabilité aux inondations dues aux marées de tempête
associées aux cyclones tropicaux augmente

Une version PDF de ce rapport officiel est disponible ici

Egalement synthèse CycloneXtrème

Avons-nous subi des cyclones plus nombreux et plus forts au cours des dernières années ?

Globalement non
comme l'a démontré Landsea : en effet le nombre d'ouragans intenses a diminué au cours des années 70 et 80 pour l'ensemble des bassins

Concernant plus spécialement le bassin atlantique :
            • pas de changement significatif dans la fréquence des cyclones sur les 52 dernières années (1944-1995)
            • forte diminution du nombre de cyclones intenses
            • pas de changement dans les plus forts cyclones observés chaque année
            • diminution modérée de l'intensité maximale atteinte par les cyclones et tepêtes tropicales
La tendance sur les autres bassins n'a pas été étudiée en grande partie à cause du manque de données avant la mise en place des satellites géostationnaires
à la fin des années 60
Un débat fait toujours rage quant à l'augmentation tant en nombre de systèmes qu'en puissance

Pourquoi les cyclones tropicaux surviennent-ils principalement en été et en automne ?

La période la plus favorable aux cyclones tropicaux se situe de juillet à octobre pour l'hémisphère Nord et de décembre à mars pour l'hémisphère Sud


Ces pics d'activité en été et automne sont dus au fait qu'à ce moment-là tous les éléments favorables à la cyclogénèse sont réunis :
      • température de l'eau de mer élevée (au moins 26,5°)
      • atmosphère tropicale chaude et humide qui facilite la convection
      • faible cissaillement vertical du champ du vent dans la troposphère
      • apport non négligeable d'un mouvement initial de grande échelle (soit à travers le thalweg de mousson, soit par les ondes d'est)

Est ce qu'un début de saison actif signifie que le reste de la saison le sera aussi ?

Non quelque soit le début de saison on ne peut rien dire sur l'activité de la saison cyclonique

Combien y-a-t-il déclairs dans un cyclone ?

Etonnamment, il n’y a que peu d'éclairs au cœur de la partie centrale du cyclone (dans un rayon de 100 km)

Il se produit seulement une douzaine, voire moins, d'impacts au sol par heure au voisinage du mur de l'œil alors qu'on peut compter plus de 1 000 éclairs par heure
pendant plusieurs heures au sein des cellules convectives continentales des latitudes moyennes
On a compté moins de dix éclairs par heure dans le mur de l'œil du cyclone ANDREW entre le moment où il était sur les Bahamas et le moment où il s'est retrouvé sur la Louisiane
avec de longues périodesoù il n’y a eu aucun éclair du tout
Cependant, les éclairs peuvent être plus fréquents à la périphérie du cyclone (au delà de 100 km environ) avec une centaine d'éclairs par heure
Le faible nombre d’éclairs à l’intérieur du mur de l'œil est dû à la relative faiblesse de la convection qui y règne
Du fait du manque de réchauffement par la base et de la nature "cœur chaud" des cyclones tropicaux, il y a moins de poussée pour favoriser les courants ascendants
Les courants ascendants plus faibles manquent d'eau surfondue (c’est à dire de l’eau à l’état liquide en dessous de 0°C) qui génère les charges électriques par frottement
avec les cristaux de glace
Les éclairs plus fréquents rencontrés à l'extérieur du cœur du cyclone proviennent de la convection plus classique des bandes nuageuses nourricières
L'une des perspectives encourageantes issue d'études récentes sur les éclairs est que la variabilité du nombre d’éclairs au cœur des cyclones tropicaux pourrait
se révéler une donnée utile pour prévoir l’intensification du système (bien que ce nombre soit généralement assez faible
)
Black (1975) a suggéré que les explosions de la convection centrale, qui s'accompagnent d'une augmentation de l'activité électrique, pourraient indiquer que la dépression ne va pas tarder à entrer dans une phase d'intensification
Les analyses des cyclones DIANA (1984), FLORENCE (1988) et ANDREW (1992) ainsi que d’une tempête non dénommée de 1987 montrent que c’est souvent le cas