Encyclopédie cyclonique : explication trajectoire
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Explication des trajectoires des systèmes cycloniques

Les trajectoires des cyclones, ouragans ou typhons dépendent de l'environnement l'entourant, à ce titre pour mieux comprendre ces trajectoires vous devez :
- tout d'abord consulter les trajectoires mondiales des cyclones
- puis l'explication des cartes météos
- et enfin pour l'hémisphère Sud les trajectoires particulières des systèmes pour le bassin Océan Indien Sud-Ouest et le bassin Pacifique Sud


Explication des phénomèmes météorologiques environnants

Grâce aux satellites on peut aujourd'hui suivre heure par heure le déplacement d'un système cyclonique, mais ce n'est qu'une observation après coup
Suivant sa position géographique sur le globe le système cyclonique subira l'influence de différents phénomènes météorologiques
Même si la trajectoire moyenne des cyclones les éloigne de l'équateur, chacun d'entre eux a une histoire souvent beaucoup moins simple

Sur les cartes isobariques vous retrouvez :

les anticyclones : réprésenté par un A ou un H (High)
Un anticyclone analogue à une colline, il est constitué d'isobares qui se ferment autour d'un centre de haute pression (supérieure à la pression standard de 1013 hPa)
La valeur des isobares décroissent du centre vers la périphérie. Le vent y est généralement plus faible que dans la dépression ; dans le centre, c'est le calme plat
Dans l'hémisphère austral ou sud le vent tourne autour d'un anticyclone dans le sens inverse de celui des aiguilles d'une montre (c'est l'inverse dans l'hémisphère nord)

les dépressions : représentée par un D ou un L (Low)
Une dépression est analogue à une cuvette topographique ou à un entonnoir; les isobares se ferment autour d'un centre de basse pression
(inférieure à la pression standard de 1013 hPa)
Les valeurs des isobares croissent du centre vers la périphérie
Dans l'hémisphère austral ou sud , le vent tourne autour d'une dépression dans le sens des aiguilles d'une montre (inverse pour l'hémisphère nord)

la dorsale : synonyme : crête anticyclonique, langues de hautes pressions (en anglais : ridge)
Il s'agit d'une avancée de hautes pressions issue d'un anticyclone, un promontoire partant des anticyclones jusque dans les champs dépressionnaires
On la retrouve courament à l'avant d'une perturbation
Les dorsales repoussent les systèmes cycloniques et ont général tendance à glisser sur cette dorsale

le talweg ou thalweg : synonyme : creux (en anglais : trough)
Un talweg est l'opposée d'une dorsale : il s'agit d'une avancée de basses pressions issues d'une dépression, un prolongement d'une dépression dans une zone de haute pression
Le talweg a tendance à attirer les systèmes cycloniques :
- plus le talweg se creuse plus il devient puissant et donc a tendance à attirer les systèmes
- s'il s'agit d'un système de faible intensité le talwge n'a pas ou peu d'effet sur le système cyclonique
- si le système est assez loin dutalweg alors celui-ci ne l'influencera pas

le col : (en anglais : col)
Un col est une région de transition entre 2 dépressions et 2 anticyclones
Il y a 3 types de col :
- le col symétrique : une région où ni les anticyclones, ni les dépressions ne semblent prendre le dessus
- le col dépressionnaire : des talwegs peuvent se développer de telle façon que l'on a l'impression qu'ils vont faire jonction
- le col anticyclonique : c'est le contraire les anticyclones émettent des dorsales qui donnent l'impression d'une union anticycloniqu
e

C'est le courant directeur qui donne le sens de déplacement d'un système cyclonique
Ce courant se décompose en 3 flux au trois niveaux de l'atmophère (bas : surface, moyen : de 3000 à 3200 m, haut : 5500 à 5900m)
Pour infos : 850 hpA (1500 mètres d'altitude), 700 hPa (de 3000 m à 3200 m), 500 hPa (de 5 500 m à 5 900 m) & 200 hPa (12 km d'altitude) - décroit de 1 hPa tous les 8,3 mètres -

Si l'on considère un système cyclonique comme une cheminée qui traverse toute l'atmosphère il est normal que ces 3 flux agissent en même temps sur cette cheminée
Cependant ces flux additionnés n'ont pas toujours les mêmes forces et sens
Il faut qu'au moins deux de ces flux est une direction et une force significative pour que le système commence à se déplacer
Ainsi si 2 flux ont un courant directeur d'ouest (venant de l'ouest et allant vers l'est) alors le système ira vers l'est
Voilà un exemple :
- la mousson soufflerait à la fois en basse et moyenne couches contrairement à l'alizé qui lui ne souflerait qu'en basse couche
- dans ce cas l'anticyclone qui habituellement dirige et alimente le système en alizé ne remplit qu'à moitié son rôle
- en règle générale cela se produit quand le système est proche de la ZCIT et alors il suivrait une direction à l'est
Si le flux en basse altitude est de secteur est et celui de haute altitude de secteur ouest le système sera alors quasi stationnaire


C'est pourquoi l'étude des cartes isobariques à différents niveaux de l'atmosphère (troposhère) est indispensable pour prévoir la trajectoire d'un système cyclonique
puisque celui-ci peut être aussi bien guidé par les phénomènes de basses atmosphères que de hautes atmosphères que sont les anticylones, les dorsales.... :

Pour exemple lors d'une prévision
faite :

Le système a un peu ralenti mais poursuit sa trajectoire en direction du sud-ouest
le flux directeur étant une dorsale subtropicale présente au sud-est :
- en basse
troposohère (1000 hPa) 1ère carte
- et moyenne troposphère
(700 hPa) 2ème carte
Il pourrait encore ralentir dans les prochaines
24 à 48 heures avec le passage
d'un col baromètrique au sud
Au dela de 48 heures le flux directeur devrait
devenir une dorsale de haute troposphère
(niveau500hPa)
qui devrait faire accéler le système
vers l'ouest sud-ouest"

Lors d'une prévision il faut donc étudier :
- tout d'abord la situation à la surface avec les cartes de surface isobariques

- ensuite les cartes à des niveaux plus élevés tels que 700 hPa ou 500 hPa par exemple
-
mais également les cartes à 200 hPa (jet stream)

Pour parfaire une trajectoire d'un système cyclonique les météorologistes utilisent ainsi des modèles numériques de trajectoires (combinant plusieurs paramètres)

Cas concrets de trajectoires de systèmes cyloniques

Tout d'abord un cas simple de trajectoire d'un cyclone situé dans l'Océan Indien Sud-Ouest

Cette carte (issue du livre de M.Mayoka) illustre l'effet des anticyclones et des couloirs dépressionnaires sur la trajectoires d'un cyclone


Nous apercevons un col barométrique
(une région de transition entre 2 dépressions et 2 anticyclones)
situé au sud du cyclone Agnielle, entre 2 cellules anticycloniques

Plus au sud nous pouvons distinguer un couloir dépressionnaire associé
à un front froid

C'est une situation favorable à une descente vers le sud

Mais l'anticyclone centré au sud des Mascareignes
(au sud-est de Madagascar) se déplacant vers l'est entrainera
un redressement de la trajectoire vers l'ouest la nuit suivante

Puis le cas d'une trajectoire folle où le système "divague"

Un des cyclones les plus capricieux du 20ème siècle Hyacinthe en janvier 1980 est passé 3 fois à proximité de la Réunion
les vents n'étaient pas violents (150km/h) mais les pluies furent diluviennes, plus de 6m d'eau

Finalement le cas d'une trajectoire où le système anticyclonique environnant présente une particularité

Pour faire des prévisions de trajectoires précises il ne suffit pas seulement de se reporter aux cartes de surface isobare, il faut dès fois se référer
aux cartes isobariques situées à des niveaux plus élevés tel que les niveaux 500 ou 700 hPa

Pourquoi ?
Les cartes de surface nous renseignent sur la situtation qui se trouve "en contact" avec le sol ou l'eau et également sur la position des centres d'actions
mais de surface uniquement
Les centres d'actions ont des ampleurs différentes qu'il s'agisse de leur altitude ou de leur grandeur, de même que ces centres d'action se déplacent à une certaine allure et sont influencés par des flux se situant dans les palliers supérieurs
Ainsi il faut savoir que les systèmes de petites épaisseurs ont tendance à être plus mobiles et plus facilement influencé au gré des courants aériens
Les anticyclones de l'été par exemple étant des systèmes de petites épaisseurs peuvent se déplacer rapidement mais aussi naitre et mourrir facilement
et être remplacé par un autre
Une carte de surface isobarique ne peut pas nous montrer d'emblée le "volume" du système dépressionnaire, ainsi que le mur de haute pression
auquel elle peut être confronté durant son périple et qui pourra modifier sa trajectoire si celui-ci est infranchissale ou au contraire n'avoir que peu d'importance
auquel cas la dépression ou cyclone pourra s'enfoncer dans l'anticyclone
Toutefois l'ensemble de surface étant un élément physique il constitue en général un barrage mais pour que ce soit vraiment réalisable il faut visualiser
les cartes de géopotentiels à 700hpa voire 500hpa afin de savoir si on peut trouver une circulation anticyclonique plus ou moins similaire et homogène
à la situtation de basse altitude
Si tel est le cas on pourra parler de "surf" sur la bordure anticyclonique
Et la situtation de surface donnera l'impression que c'est uniquement l'anticyclone de surface qui "fait le travail" de blocus


En dessous nous avons un cas où justement la situation en altitude est prépondérante :
l'anticyclone de surface ne faisant que réduire l'allure de descente du système vers le sud et ne jouant aucune influence sur sa trajectoire :
en effet
Dora à ce moment précis suit une trajectoire globalement orientée vers le sud attiré par un thalweg d'altitude (à l'altitude de 500 hPa) qui se situe au sud de l'île Rodrigues